Autoconsommation solaire : le taux, la déclaration Enedis, le collectif
Deux pourcentages à ne pas confondre, ce qui les fait monter ou descendre, et pourquoi ils décident aujourd’hui de la rentabilité de vos panneaux.
L’autoconsommation, c’est utiliser vous-même l’électricité que produisent vos panneaux, au moment où ils la produisent. Deux chiffres la décrivent : le taux d’autoconsommation, part de la production consommée sur place, et le taux de couverture, part de votre consommation fournie par les panneaux. Ils varient en sens inverse quand la taille augmente. Pour un foyer parisien de 4 500 kWh par an sans chauffage électrique, 1 kWc est consommé à 91 % mais ne couvre que 23 % des besoins ; 3 kWc sont consommés à 47 % et couvrent 36 % ; 6 kWc tombent à 28 % pour 42 % de couverture. Ces valeurs viennent d’une simulation heure par heure sur une année, à partir de la production PVGIS et des profils de consommation publiés par Enedis. Elles concordent avec le constat du régulateur : 69 % des petites installations autoconsomment entre 30 et 65 % de leur production. Depuis que le surplus ne se vend plus que 1,1 c€/kWh, c’est le taux d’autoconsommation qui fait la rentabilité.
Quelle part de votre production consommerez-vous ?
Taux d’autoconsommation
46 %
| Consommé sur place | 1 620 kWh |
| Injecté sur le réseau | 1 909 kWh |
| Facture couverte | 36 % |
| Économie la 1re année | 324 € |
Production médiane française (1 185 kWh/kWc), toit à 30° plein sud, calcul heure par heure.
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Les deux taux, taille par taille
Chaque case donne deux pourcentages : la part de la production consommée sur place, puis la part de la consommation du foyer couverte par les panneaux. Le profil « heures creuses » suppose une consommation déplacée en partie la nuit, ce qui pénalise un peu l’autoconsommation.
| Puissance | Sans chauffage électrique | Chauffage électrique | Heures creuses |
|---|---|---|---|
| 1 kWc | 91 % / 23 % | 88 % / 22 % | 73 % / 18 % |
| 2 kWc | 63 % / 32 % | 60 % / 30 % | 47 % / 24 % |
| 3 kWc | 47 % / 36 % | 45 % / 34 % | 35 % / 26 % |
| 4,5 kWc | 35 % / 39 % | 34 % / 38 % | 25 % / 28 % |
| 6 kWc | 28 % / 42 % | 27 % / 40 % | 20 % / 30 % |
| 9 kWc | 20 % / 45 % | 19 % / 43 % | 14 % / 32 % |
La géographie compte moins qu’on l’imagine. Pour 3 kWc et le même foyer, le taux d’autoconsommation est de 48 % à Lille, 47 % à Paris et 41 % à Marseille : plus de soleil signifie aussi plus de surplus à midi, que le foyer ne consomme pas.
Pourquoi l’autoconsommation pèse autant en 2026
Un kWh consommé sur place vaut le prix que vous auriez payé au fournisseur, 20,01 c€ au Tarif Bleu base. Un kWh injecté vaut 1,1 c€ depuis l’arrêté du 1er juin 2026. Chaque point d’autoconsommation gagné compte donc près de dix-huit fois plus qu’un point de surplus. C’est aussi l’objectif affiché par la réforme : réorienter les petites installations vers la consommation sur place (détail du tarif).
Combien de panneaux pour votre maison ?
Nombre de panneaux
5
| Puissance au meilleur bilan | 2 kWc |
| Production par an | 2 263 kWh |
| Bilan sur 20 ans | +1 022 € |
Meilleur gain net sur 20 ans parmi 13 tailles, aux prix estimés. La puissance d’un module figure sur sa fiche technique.
Consommer davantage sa production, sans rien acheter
- Programmer le lave-linge, le lave-vaisselle et le sèche-linge en fin de matinée ou en début d’après-midi.
- Faire chauffer le ballon d’eau chaude en journée plutôt que la nuit, si votre installation le permet.
- Recharger un véhicule électrique au milieu de la journée quand il est à la maison.
- Éviter de surdimensionner : quelques panneaux de moins augmentent le taux d’autoconsommation.
Ces gestes ne figurent pas dans le profil moyen d’Enedis : un foyer qui les applique fera mieux que le calcul. Une batterie augmente aussi l’autoconsommation, mais elle a un prix, que la page dédiée met en regard de ce qu’elle rapporte.
Autoconsommation avec ou sans vente
Vous pouvez autoconsommer et vendre le surplus, avec un contrat d’achat ; ou autoconsommer sans rien vendre, avec une simple convention d’autoconsommation sans injection signée avec Enedis (fiche Service Public). Dans le second cas, le surplus part quand même sur le réseau sans être payé, à moins que l’installation ne bride sa production. Le simulateur calcule les deux options.
Autoconsommer sans revente ne dispense pas de prévenir le réseau : la mise en service n’a lieu qu’une fois la convention signée reçue par Enedis. Il n’existe pas d’autoconsommation raccordée au logement sans cette démarche, même pour un petit kit.
L’autoconsommation collective : produire à plusieurs
L’autoconsommation dont parle cette page est individuelle : une maison, un compteur, une installation. Il existe une seconde forme, collective, où plusieurs producteurs et consommateurs partagent la même électricité solaire. Ils se regroupent dans une personne morale organisatrice, qui fixe la façon de répartir la production entre les participants ; chacun garde son fournisseur pour le reste de sa consommation.
- Distance : en métropole continentale, 2 km au plus entre les deux participants les plus éloignés, mesurés depuis leurs points de raccordement (arrêté du 21 novembre 2019 modifié).
- Dérogation : sur demande motivée au ministre, 10 km si tous les participants sont dans des communes rurales ou périurbaines, 20 km s’ils sont tous dans des communes rurales.
- Puissance : 5 MW au plus en cumulé pour l’ensemble des installations de production de l’opération.
Pour un particulier, la question est la même qu’en individuel : quelle part de la production sera consommée au moment où elle est produite. Un voisinage qui consomme en journée (commerce, école, bureaux) absorbe mieux le surplus de midi qu’une rue de maisons vides en semaine. Le calcul de cette page ne modélise pas ces opérations, dont le résultat dépend de la clé de répartition choisie.